Panurge depuis la disparition trouvait un goût insipide à Brocéliande, préférant s'éloigner un temps, il errait ne donnant aucune bonne parole, shootant dans
les cailloux, il n'eut même pas l'idée de se planquer près de la distillerie de Paulette, sachant la Mère à moitié sorcière, il avait décidé d'errer, c'était mieux, car souvent de bonnes âmes
jetaient du pain ou donnaient à boire, Panurge sachant évoquer l'autre soif rien que par sa figure, les bonnes gens cédaient la plupart du temps compatissantes, d'autres fois la fourche le menaçait
de s'enfuir du tas de paille, certaines fois il buvait à même les pies d'une vache, bref il trouvait toujours un moyen de survivre, des compagnons à qui apprendre, des services rendus par son
intelligence, cependant que l'ennui le gagnait sans le druide dont il comprenait la compagnie spéciale, qui lui manquait, lui à qui jamais rien ne manquait, il se sentait diminué, non par la faim
ou le sevrage de gnôle, mais plus de l'amitié et des aventures, ce qui le fit s'interroger sur sa propre nature, alors qu'il arrivait devant une église, et qu'il y entra..
Une femme assise priait, on ne savait quoi, sans larmes mais les yeux résignés, mains croisées sur ses genoux, tête baissée, puis relevée vers le Christ, ce fils du Père celui qui connait
l'expérience terrestre, étant mort pour elle et les autres, que les péchés sont pardonnés, à condition d'en prendre conscience et de changer, ce que la plupart des hommes de la terre a oublié,
c'est pratique.. elle semblait dans une méditation perdue auto-directionnée, ce qui fit voir à Panurge en extase la lumière autour de cette femme, lui qui ne voyait d'habitude que des vapes, tomba
en pamoison à genoux devant elle, mains jointes vers ses yeux, elle les siens fermés, ailleurs, lui humilié de lui-même mis à nu, le coeur serré implosant en dedans, perdu retrouvé, il s'évanouit
sans avoir chipé à l'entrée ce que Dieu leur rendra mille fois, se réveillant dans une charette voyant brouillée la silhouette de celle par qui l'émotion est venue partir, lui sautant se
précipitant trébuchant, elle disparut au coin d'une rue , lui la figure en sang, emmené pour de bon à l'hospital maintenu se débattant, quand le destin de certains reste incompréhensible, Panurge
désarmé et dramatique, pleurant non de douleur de ses genoux écorchés, mais de son coeur saigné dont le destin lui apparait de solitude à jamais, que sa seule chance d'infini ici s'était évanouie
au coin d'une rue, que c'en était si risible et pathétique, qu'il décida que son âme l'avait quitté.
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Des histoires où se mélangent (vive les anachronismes) de la magie, des vertus, de la philosophie, de l'humanité, des anges, des héros, des boulets, tout ça autour de Merlin et de Morgan, de Panurge et de Platon, de Palamas et d'Obélox,d'Hercule et de Samson,de Gauvain et de Galaad, de la mère Michel et de Paulette, du cidre et des galettes, des sangliers et des Fées, j'en passe, tout cela en terre sacrée de Brittana...